L’art de ne rien acheter, sans être frustrée (Chapitre 1: le grand tri)

Le cri du cœur

Ce matin, j’ouvre la porte coulissante de mon placard. Une quantité faramineuse de vêtements se disputent un espace minimaliste, mes fringuent me tombent pratiquement sur la tête tellement c’est le foutoir. Pourtant, je m’écris : «J’AI PU RIEN À ME METTRE!»

Vous connaissez le scénario ? Bien sûr que vous le connaissez. C’est le drame auquel est confrontée toute femme (vivant dans un pays riche, on s’entend) à chaque changement de saison ou presque. La fausse pauvreté causée par notre trop plein de surabondance… Ooh, que faire, pôvres de nous ?

Ce matin, je me suis choquée. Premièrement, j’ai pris une grande respiration et j’ai résisté à une furieuse envie de me précipiter au centre commercial le plus proche. J’ai assez d’expérience pour savoir que cela n’aurait fait qu’empirer la situation.

Ensuite (était-ce mon syndrome prémenstruel qui faisait des siennes ?), j’ai vidé mon garde-robe. AU COMPLET. J’ai tout « pitché » sur le lit. Comme ça. Un cri du cœur.

La démesure

Puis, le grand tri printanier a commencé. J’ai délibéré du sort de mes vêtements et accessoires, un par un. Ça m’a pris quatre bonnes heures… C’est beaucoup trop long, je sais, c’est honteux, mais c’était vraiment nécessaire.

Dans ce processus maniaque de passage en revue de ma garde-robe, j’ai contemplé l’absurdité de notre société de consommation. J’ai sept manteaux d’hiver… Combien de personnes sur la planète peuvent se permettre de porter un manteau différent tous les jours de la semaine ?

manteaux_d_hiver

J’ai aussi sept manteaux de mi-saison : quatre manteaux de cuir, un manteau de suède, un trench coat, et un coupe vent imperméable. Huit petits jackets légers et vestes à manches longues. Je continue le décompte ? Quatre vestons, huit robes, trois tuniques, sept jupes, dix pantalons, neuf paires de jeans, j’en peux pu j’arrête, il y en a trop de multitudes de chemises / blouses / chandails / T-shirts / camisoles / leggings / chaussures / bottes / chapeaux / alouette …

Vous avez compris. Trois ou quatre madames comme moi pourraient se servir allègrement dans mon placard et je ne manquerais toujours de rien. J’ai beaucoup plus de vêtements que je suis capable d’en porter. C’est complètement ridicule.

Ça va faire…

Suis-je une fashion victim ? Eh ben non ! C’est ça le comble ! Je m’habille à 85% du temps dans les friperies. Je me fiche pas mal de la mode, je n’ai jamais vraiment aimé suivre ça. Incroyable hein ?

Mesdames et messieurs, je suis une ramasseuse, doublée d’une insécure. Je m’attache aux objets. Même s’ils m’encombrent au point de m’empêcher d’y voir clair.

Mais ça se soigne ça, n’est-ce pas docteur ? (Y a-t-il un docteur dans la salle ?)

Bon, ma décision est prise, j’arrête ça tu suite. Je me suis promis juré que pour la prochaine année, je n’achèterai RIEN. (D’ailleurs, je ne serai pas la seule a relever ce défi…) Je vais plutôt m’appliquer à être créative avec ce que j’ai. Puisqu’en principe, je suis une fille créative, je devrais survivre, non ?

Voici quelques stratégies et ressources auxquelles j’ai pensé pour éviter d’être frustrée, dans ma démarche de « control freak  »:

Ce sont quelques idées, j’en aurai probablement d’autres dans le courant de l’année.

1) Tenir un inventaire conscient de ce que contient ma garde-robe
C’est parti mon kiki. C’est ce qui d’ailleurs a donné le coup d’envoi à cette démarche. Je donne des détails un peu plus bas sur comment je m’y suis prise pour le grand tri. Vous pouvez aussi consulter cet excellent article qui traite du même sujet : le ménage du placard!

2) Prendre soin de mes avoirs, les réparer, les adapter au besoin
Oh boy… Va falloir que j’apprenne à me servir de ma machine à coudre! J’avoue que ça c’est un méchant contrat… La pauvre machine a déjà failli passer à travers de la fenêtre plus d’une fois. Elle se tient tranquille sur une tablette depuis. Mais j’ai déjà ciblé deux endroits ou je pourrai quérir de l’aide : Éffiloché, salle de couture et tricot lounge, ainsi que les cours de couture offerts à la Gaillarde.

Il y a une collègue blogueuse britannique qui a fait la même démarche dernièrement qui explique vraiment bien ce qu’elle a vécu pendant son année sans achat. Elle est une belle source d’inspiration.

3) Trouver des manières nouvelles et créatives de porter ce que j’ai déjà
Mettre une certaine paire de collant avec telle jupe, que je n’ai jamais encore mixé ensemble, par exemple. Vais-je être assez visionnaire et créative pour « mix-matcher » les vêtements que j’ai de manière différente?

Connaissez-vous « la thérapie de la penderie »? C’est un service donné par des stylistes professionnels qui vous apprennent à tirer profit au maximum du contenu de votre garde-robe. Je mets cette option dans ma manche et je vous en reparle si je décide de m’en servir…

4) Me faire donner des vêtements
Je suis chanceuse, j’ai des copines qui portent la même taille que moi et qui m’en donnent régulièrement. Par exemple, ma bonne amie Marie m’a donné un magnifique manteau de mi-saison, parfaitement impeccable, et mignon tout plein. Elle ne le portait jamais me disait-elle. Elle me l’a offert pour ma fête. Offrir un vêtement qu’on ne porte pas peut constituer une façon chouette de faire un cadeau, si vous connaissez bien les goûts de la personne. Y avez-vous déjà pensé?

5) Échanger des vêtements avec des proches
Le phénomène « swap », vous connaissez? Voici en quoi ça consiste : des copines organisent une soirée à laquelle elles doivent toutes apporter un ou plusieurs morceaux de leur garde-robe qu’elles ne portent plus, mais qui est encore en parfait état. Puis on s’amuse à essayer et s’échanger nos fripes et/ou nos bijoux. Je n’ai jamais encore participé à une telle soirée, mais j’ai pensé que ça pourrait être une option pour renouveler le contenu de mon placard d’agréable façon. Allez voir sur Facebook, c’est très inspirant!

Aussi, cet article donne des trucs pour l’organisation d’une telle soirée, pour celles parmi vous qui voudraient s’y mettre.

6) Échanger des vêtements avec des inconnues
Le phénomène « swap » existe aussi à une échelle plus grande, voire carrément publique. Il y a une femme qui s’appelle Aleece Germano qui organise des « swaps » à grande échelle plusieurs fois par année à Montréal. Zut de flûte, je ne pourrai pas aller au prochain qui se tiendra le 29 mai au Cabaret juste pour rire. Mais je compte bien me reprendre plus tard. À suivre…

7) Emprunter ou louer des vêtements ou bijoux
Je l’ai déjà fait. Dans le cadre du mariage d’une amie l’été dernier, ma voisine m’a gentiment prêté un de ses bijoux. Pourquoi pas? J’ai aussi offert de prêter une robe à une amie qui va à un mariage cet été. Pourquoi devrions-nous dépenser à chaque occasion spéciale qui se pointe? Ça fait des habits achetés pour des occasions uniques qui ramassent la poussière dans nos placards par la suite. Les mecs louent bien leurs toxedos pour les bals de finissants, non?

Le designer de haute couture Joseph Helmer loue plusieurs de ses créations qui sont de véritables œuvres d’art uniques. Si vous devez vous habiller très chic, une fois comme ça, ça vaut vraiment la peine d’aller voir dans sa boutique. Y compris si vous êtes un homme.

8) Faire affaire avec des designers « récup » pour donner une nouvelle vie à ce que j’ai déjà
J’ai déjà des projets en tête pour 2 manteaux de cuir que je n’ai pas porté depuis des années. Je crois que Cocklush pourrait faire des merveilles avec ça. Et j’ai 2 ou 3 items en fourrure que je pourrais aussi soumettre à Rachel F ou à Mariouche. À suivre!

Si vous voulez contribuer à ma démarche de vos idées à vous, wow, je suis vraiment open, ya un formulaire pour y laisser vos commentaires tout au bas de cette page. Lâchez-vous lousse! Aussi, je serais très curieuse de connaître vos expériences passées si vous en avez dans ce domaine.

Ne rien acheter sera un joli défi, d’autant plus qu’avec la gestion d’un blogue comme Écopicure, je passe pas mal de temps à visiter des boutiques, toutes les plus « trippantes » les unes que les autres, vais-je réussir à ne pas craquer? Est-ce que j’arriverai à ne pas être frustrée? Voulez-vous faire des paris? C’est le temps!

Voulez-vous savoir comment j’ai fait pour le ménage de ma garde-robe ?

1. J’ai remis dans le placard les items que j’ai portés dans la dernière année. J’ai laissé tous les autres dehors pour les analyser. Il y en avait tout un gros tas.

(Ici, j’ai constaté avec plaisir que mon placard était soudainement beaucoup plus intéressant. Aéré, agréable, j’ai retrouvé des vêtements que je n’avais pas vu depuis longtemps, tant ils étaient ensevelis sous les autres. L’objectif de toute la suite est de préserver cet état nouveau de mon placard.)

2. Parmi les vêtements que je n’ai pas porté dans les 12 derniers mois, j’ai fait deux piles: les vêtements bons à transformer en guenilles pour frotter mes parquets, et les autres. (Ahhhh, SPM, quand tu nous tiens…) J’ai mis de côté une robe d’été complètement finie la pauvre, un vieux T-shirt, un cache col tout décousu, des mitaines détricotées, des gants qui n’ont presque plus de doigts, et 9 paires de chaussettes inutilisables, même en les reprisant.

3. Parmi les vêtements restants, j’ai séparé ceux que je n’aime plus de ceux que j’aime encore (malgré moi…).

Jusque là, ça va? Ok, on continue le tri.

4. Poursuivons avec le plus facile: les vêtements que je n’aime plus. J’ai fais 2 autres piles: ceux qui iront chez Fripe-Prix Renaissance (deux tops d’été, un chandail de laine, un polar, un chantail plus léger, un pantalon et des bas de nylon) et ceux que j’aimerais offrir à des personnes que je connais (une robe d’été, une chemise pour homme – hé oui ! -, un jumpsuite, une veste noire de lainage chic, des souliers de vélo, des souliers chics).

Maintenant, c’est ici que ça se corse. Que faire avec les vêtements auxquels je suis sentimentalement attachée mais que je n’ai pas portés depuis des lustres? Ça prend pas mal de volonté pour s’en séparer. Vous savez de quoi je parle…

5. Les plus faciles à gérer sont ceux que je porterais le jour même s’ils n’étaient pas brisés. Deux paires de jeans troués aux mauvais endroits, un petit jacket en cordurois dont les manches sont élimées, des collants troués aux orteils que je vais transformer en leggings, et un slip de dentelle noire décousu sur le côté.

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6. Ensuite, il y a les autres, que j’aime encore malgré moi… Voici le sort que je leur réserve.

  • Faire affaire avec des designers qui pourront reconditionner certains de mes vêtements pour les rajeunir.

  • Pour paraphraser les émissions de télé-réalité, je vais « mettre en danger » certains vêtements. Si je ne les ai toujours pas porté d’ici un an, bye bye. Aussi, si je craque et achète quelque chose dans les 12 prochains mois, il faudra que je « sacrifie » l’un des items « en danger » sur le champ.
  • Je prévois aussi essayer le plus grand échange de vêtements d’Amérique du Nord. Je pourrais y passer un vêtement que je ne porte plus, et l’échanger contre un nouveau, sans rien débourser!

Merci à celles qui m’auront lu jusqu’au bout, c’était un looong article!

m l’abeille

9 commentaires pour L’art de ne rien acheter, sans être frustrée (Chapitre 1)

  • Il y a un artiste Greem :-) qui propose également de ne rien acheter, et cela coute 30 euros. Cela permet de répondre à l’acte d’achat sans être frustré non?
    Je vous laisse le découvrir ici

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  • m l'abeille

    Merci Carou pour l’info! J’essaierai d’aller faire un tour jeudi pour voir. (SEPT douleurs… aille aille aille!)

  • Carou

    Le comptoir de la Société St-Vincent de Paul existe toujours a Verdun, il a été relocalisé au 284A (ou le 254 d’après Google), rue de l’Église, dans l’Église Notre-Dame des Sept Douleurs. L’horaire est différent, il me semble qu’il ouvre ses portes que le jeudi.

  • m l'abeille

    Merci Mélanie! C’est vrai ce que tu dis, ça m’est arrivé aussi d’acheter l’équivalent de ce que j’avais déjà… Tu as une soeur! Chanceuse! Je ne peux pas swapper grand chose avec mes frères, quoique, j’ai hérité de quelques chandails… C’est mieux que rien! J’ai jamais été visiter la Fripe-Prix Renaissance sur Masson, je vais rarement dans ce coin, mais celle que je connais bien est sur Wellington à Verdun, et j’y ai moi aussi déniché plusieurs perles. Le truc c’est d’aller faire une petite visite régulièrement, et de surtout ne rien acheter à moins que ce soit vraiment WOW. C’est tellement pas cher que c’est parfois tentant de partir avec un morceau qui est juste « ok », et qui finallement ramasse la poussière dans un tiroir.

  • Mélanie

    Allo!
    Très intéressant. J’utilise déjà plusieurs techniques. Un avantage du ménage de la garde-robe que tu ne mentionnnes pas: on réalise parfois qu’on achète plus souvent les mêmes trucs, genre une autre camisole beige pour l’été… Ça permet de raffiner ce que l’on aime, les charactéristiques que l’on cherche. J’ai 34 ans et je continue le swap de linge avec ma soeur. Parfois la vie (enfants, carrière…) fait qu’on ne prend/perd pas du poids en même temps alors on s’échange les pantalongs entre autres! Faut juste s’assurer de ne pas mettre un sac de vêtements donnés dans une garde-robe en attendant… Faut « l’attaquer » le plus rapidement possible et donner ceux qui nous intéresse moins ou ne font pas aussi bien que voulu. La meilleure fripperie selon moi c’est le Fripe-Prix Renaissance situé sur Masson. J’y ai déniché quelques perles et envoyé beaucoup de sacs!

  • m l'abeille

    Carou, c’est où le comptoir de St-Vincent de Paul où tu vas? Celui que je connaissais à Verdun a fermé ses portes…

  • Carou

    J’ai fait ce week-end un grand ménage de ma garde-robe ainsi que de mes commodes. J’ai réalisé que j’ai acheté beaucoup de vêtements au fil des ans que j’ai porté quelques fois. On porte souvent les même vêtements chaque semaine même si d’autres attendent leur tour dans le placard. Je comprend ton attachement sentimental a certains vêtements. Certains nous rappelle des souvenirs. Mais, il faut mettre se détacher du jeans que l’on portait au secondaire! Ou bien de la robe que l’on a porté qu’une fois.

    Apres le tri, je vais porter les vêtements a deux endroits : la St-Vincent de Paul et la Fripe-Prix Renaissance.

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